A propos de l'Agent Orange


L'Agent Orange au Vietnam


Pendant la guerre du Vietnam l'armée des États-Unis a déversé plus de 80 millions de litres de défoliants (dont 65% d'Agent Orange) sur la partie méridionale du pays par avions, hélicoptères et asperseurs individuels. Le but était de détruire les récoltes et la végétation pour empêcher les résistants et les troupes nord vietnamiennes de se ravitailler et de se cacher.

L'Agent Orange contient de la dioxine dite « de Seveso », substance cancérigène et tératogène. Les populations des régions où il fut épandu pendant la guerre ont été les premières contaminées (entre 2,1 et 4,8 millions de personnes). Mais en raison de la grande stabilité de la dioxine, l'Agent Orange continue et continuera à faire des victimes. Selon la Croix Rouge au moins 3 millions de Vietnamiens connaissent actuellement de graves problèmes de santé. En outre, plus de 100 000 soldats américains, mais aussi australiens, néo-zélandais et sud-coréens, qui participaient à la guerre à leurs côtés, furent également contaminés.

Les vétérans américains victimes de l'Agent orange ont attaqué en justice l'État fédéral américain, mais sans résultat car celui-ci bénéficie d'une immunité pour tout acte commis en temps de guerre. Ils se sont alors retournés vers les fabricants de défoliants. Pour éviter qu’un procès ne se tienne, ceux-ci leur ont versé, à titre de dédommagement, une somme de 180 millions de dollars.

En 2004, la VAVA (Association Vietnamienne des Victimes de l'Agent Orange), a déposé une plainte devant le tribunal fédéral de Brooklyn contre les fabricants de l’Agent Orange (Monsanto, Dow Chemical..). Cette plainte a été rejetée en 2005, 2008, puis définitivement en 2009 par la Cour Suprême de Justice des États-Unis. Tout semblait alors perdu pour les victimes vietnamiennes.

Mais une fenêtre s’est ouverte en 2013 quand le Parlement français a voté une loi autorisant une victime française d’un tort commis à l’étranger, par un étranger, de porter plainte devant les tribunaux français. Cette loi permet aujourd’hui à Mme Tran To Nga, victime Franco-vietnamienne de l’Agent Orange, d’attaquer en justice 26 sociétés chimiques américaines qui avaient fourni l’Agent Orange à l’armée des États-Unis pendant la guerre du Vietnam. Mme Nga a été la représentante au Vietnam d’Orange DiHoxyn de 2009 à 2011.

Ce procès s’est ouvert le 16 avril 2015 devant le tribunal d'Evry. Il sera sans aucun doute long, difficile et très coûteux. Un site a été spécialement créé pour suivre ce procès.

www.agent-orange-vietnam.org

14/06/2017